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MOULINS (Allier) - Les conscrits de 1901, du recensement au départ pour les armées - Jean-Baptiste NICOLAS

 Arrivés à l'âge de 20 ans, nos aïeux devaient se faire enregistrer pour le service militaire. 

Au travers de la presse, j'ai pû retracer un peu le parcours avant leur départ pour la caserne. J'ai pris la classe 1901, car elle correspond à celle de mon arrière grand-père Jean-Baptiste Nicolas.

Concernant les régles du tirage au sort, le 15 juillet 1889 est promulgué la loi Freycinet sur le recrutement de l'armée. La durée du service passe de cinq à 3 ans, mais le tirage au sort perdure. Selon le numéro tiré, la durée du service varie de 3 ans à 1 ans seulement. Elle supprime également les dispenses de service militaires pour les enseignants, les élèves des grandes écoles et aux séminaristes.   


Dans le journal "Le Courrier de l'Allier" à la date du 13 novembre 1901, on rapelle que les jeunes gens nés entre le 1er janvier et le 31 décembre 1881, doivent se présenter à la mairie de Moulins, bureau militaire, pour s'y faire inscrire et fournir les indications qui leur seront demandées.

Pour les jeunes gens, c'était l'occasion de faire la fête. Il était organiser un bal, prénommé "le bas des conscrits".

Pour la classe de 1901, le bal de bienfaisance aura lieu à Moulins le samedi 11 janvier 1902, dans les salons de l'Hôtel de Ville.  


Un fois que les jeunes hommes sont inscrits, on les informe que le tirage au sort aura à telle date. Pour l'arrondissement de Moulins qui nous intérese, la date choisie est le 22 janvier à neuf heures et demie pour Moulins Ouest, et le 23 janvier, même heure, pour Moulins Est.


Le 7 janvier 1902, est affiché à la mairie de Moulins, le tableau des jeunes soldats classe 1901, appelés au tirage au sort les 22 et 23 janiver. On apprends que le nombre de conscrits pour cette classe est de 167.


Mais avant ça, le 12 janvier 1902 à 9 heures du soir a lieu le bal de bienfaisance organisé par les conscrits. 1 200 invitations ont été lancées. Il y a donc lieu de croire que les danseurs empliront les salons de l'Hôtel de Ville toute la nuit. En attendant, s'affairent les tapissiers et les fleuristes pour achever la décoration des salles.

Le bal a obtenu un franc succès selon un article du "Courrier de l'Allier en date du 14 janvier. Les invités sont partis sur les 7 heures du matin, harassés mais heureux.

Le 15 janvier est publié la liste des conscrits pour les deux cantons de Moulins. 

On peut y lire le nom de NICOLAS pour Moulins-Est.


Et les jours du tirage au sort sont arrivés en ces 22 et 23 janvier. Dès le matin, on vit apparaître dans les rues des groupes plus ou moin nombreux de jeunes gens endimanchés que précédent un tambour ou un drapeau. 


Pour le 22 janvier, les opérations commencent à neuf heures et demie à l'Hôtel de Ville, sous la présidence de Mr Nectoux, secrétaire général de la préfecture assistée de Mr Weiss, capitaine de gendarmerie et de Mr Juge, chef du bureau de la préfecture et de tous les maires du canton.

126 conscrits dont 80 pour Moulins y ont pris part.     

Le numéro 1 a été tiré par le jeune Reisch de Moulins et le numéro 126 par le jeune Bléty de Villeneuve.

A 11 heures la séance prit fin. Tous les conscrits s'étant retirés.

Pour le 23 janvier, le tirage au sort commence aussi à neuf  heures et demie, sous la présidence cette fois, en autre, de Mr Fourniol conseiller de la préfecture.

178 conscrits sont présents. Le numéro 1 fut tiré par le jeune Bailly de Saint Emmenond et le numéro 178 par le jeune Pinaud de Moulins. Notre aïeul tire de l'urne le numéro 55.



Le soir, les groupes de jeunes gens sont à nouveau dans les rues de Moulins, un peu plus bruyant et joyeux. Beaucoup ont orné leur chapeau du numéro qu'il ont tiré de l'urne et qui pour le jeune gens est naturellement le meilleur.  


L'année 1902 s'écoule, Jean-Baptiste Nicolas, employé de commerce, attends sa feuille de départ qui
arrivera à la fin de l'année.

Le 9 novembre 1902, à 8 heures en la Cathédrale de Moulins a lieu la messe annuelle de départ pour les conscrits de Moulins. 

Les conscrits s'y sont rendus nombreux. 

Après l'Evangile, Monsieur l'Abbé Douhet, curé de la paroisse, leur a adressé une courte et patriotique allocution.
Il les a encouragé à aborder sans répugnance et avec confiance le service militaire. Ce ne sera point un temps perdu, leur a t-il dit, car ils deviendront d'utiles défenseurs de la patrie ; ils deviendront plus forts par la privation des douceurs du foyer ; ils acquérront par l'influence de la discipline des précieuses habitudes d'ordre, de respect des supérieurs, du drapeau et d'eux-mêmes. 


C'est le grand départ. Dès le jeudi 13 novembre, la gare de Moulins est invahie par les jeunes soldats qui vont rejoindre leur régiment. Comme chaque année, sur les quais, on assite à la scéne des adieux, des recommandations échangés entre ceux que l'on nomme Les Bleus et les parents, leurs amis. Ces derniers accompagnent nos bleus jusqu'aux wagons. Tout cela se fait dans la bonne humeur.



Jean-Baptiste Nicolas prend le train le 16 novembre, accompagné de sa famille. Il rejoint le 21ème régiment de Ligne à Langres.


Sources : Archives départementales de l'Allier
    


  

CERTIFICAT de BONNE CONDUITE

Lorsque le service militaire était terminé, il était remis au jeune soldat répondant aux exigences fixées par le règlement de service intérieur, un diplôme "certificat de bonne conduite" avec la mention accordée ou refusée. 

Il était signé par le chef de corps, le général de brigade ou l'officier général. 

98 % des soldats recevaient la mention accordée.

On retrouve cette mention sur sa fiche matricule. 


Ce diplôme avait une valeur toute particulière pour le jeune homme qui rentrait dans ses foyers. Il marquait la fin du service actif et pouvait avoir valeur de diplôme et pouvait être utile pour certains futurs emplois comme la gendarmerie.

On le retrouvait très souvent encadré dans une pièce du foyer des jeunes hommes rentrant du service, ce qui prouve que son obtention était importante socialement quelque soit le milieu.


Le souvenir français

 Historique du Souvenir Français



Qui n'a pas vu ses petites boites à la sortie des cimetières, surtout à la période de la Toussaint ? 

Mais peu de monde savent aujourd'hui ce qu'elles représentent et qu'elle est l'utilité des dons fait.  


Elles sont le symbole d'une association, celle du Souvenir Français. 




Création

Le Souvenir Français fut créé par la IIIème République en 1887. Cette association intervient dans le contexte de l'après guerre de 1870 (guerre contre l'Empire Allemand) et de la perte de l'Alsace-Lorraine.

En Alsace, une partie de la population marquait son attachement à la France par un culte aux morts pour la France lors de la guerre de 1870. A la Toussaint, des jeunes filles allaient déposés des cocardes tricolores sur les tombes des soldats, malgré l'interdiction de l'Empire Allemand.   


Un professeur alsacien, François-Xavier Niessen, refusait l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne. Voulant montrer l'attachement des alsaciens et des lorrains à la France et souhaitant que la République n'oublie pas les provinces perdues, il pensa que l'entretien des tombes devait permettre de garder présent dans les esprits le souvenirs des Morts pour la France et le sentiment de l'unité nationale.

Exilé en France dès 1887, il crée une association pour maintenir le souvenir de la guerre de 1870. C'est donc la création du Souvenir Français.

Le 7 mars 1888, il appela les Français à rejoindre l'association. Le succès fut au rendez-vous.

François-Xavier Niessen


Honorer les morts de 1870-1871


Alsace-Lorraine après la défaite de 1871

Afin d'honorer les soldats Mort pour la France lors du conflit de 1870-1871, le Souvenir Français crée un financement pour ériger des monuments commémoratifs partout en France y compris en Alsace-Lorraine, et cela malgré l'annexion allemande.


Le Souvenir Français est également à l'origine de nombreux monuments plus importants comme les statues de Abbeville ou Mende ainsi que de monuments surmontant des tombes collectives ou ossuaires.

Monument aux morts de 1871-1871 à Moulins


Aujourd'hui, cette association assure toujours l'entretien des tombes de la guerre de 1870-1871 comme celui du carré militaire du cimetières de La Madeleine à Amiens

Le carré militaire à Amiens


Première Guerre Mondiale

En janvier 1913, l'association est dissoute en Alsace-Lorraine. 

Cependant, en France le Souvenir Français continua son action pendant la Première Guerre Mondiale. Elle permis l'érection d'une cinquantaine de monuments commémoratifs, la recherche des corps des soldats morts au combats à la demande des familles, et la création de près de 200 cimetières militaires et de 200 000 tombes.

Monument aux Morts de Brives-Charensac (Hte Loire) 


Plaques commémoratives à la Mairie de Moulins (Allier) 

L'entre deux guerres

Beaucoup d'adhérents ayant été mobilisés, au retour du front, ils veillèrent aux sépultures et à l'accompagnement des familles des décédés. 

L'association aura dès lors en charge les 88 000 tombes de 1870-1871 et des 1 700 000 morts de la Grande Guerre. Mais ne pouvant s'occuper seule de tout, la loi du 31 juillet 1920 crée le Service national des sépultures qui prit en charge les cimetières militaires et les nécropoles nationales.

Cimetière militaire de Sarrebourg (mon arrière grand-père Jean-Baptiste Nicolas y est inhumé)

Seconde Guerre Mondiale

 Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le général Lacapelle , alors président de l'association, demanda que l'on répertorie  les sépultures des soldats morts pendant les combats de 1940 afin de les entretenir.

Le Souvenir Français à l'étranger

Depuis 1889, l'association étend son action hors du territoire national comme en Belgique à Waterloo et il est présent aujourd'hui dans 71 autres pays.



A quoi servent les dons que reçoit l'association

Cela permet l'entretien et la restauration des tombes militaires ou monuments dans les cimetières ou les communes, de réaliser de nouvelles stèles commémoratives mais également l'organisation de voyages mémoriels pour les jeunes générations.



Histoire du service militaire en France

 Avant la Révolution

Jusqu'à la Révolution, le recrutement des troupes de l'armée française repose essentiellement sur le volontariat, à quelques exceptions près en cas d'urgence.

A cette époque, l'armée n'est composée que de soldats de métiers. 


Une ordonnance de 1527 sous François Ier, indique qu'une enseigne ou bande ne sera composée que de 300 ou 400 hommes. 


Le Roi François Ier

Vingt ans plus tard, ces vielles bandes sont composées de 160 piquiers, 40 hallebardiers et 100 arquebusiers. Elles survivent même quand les guerres cessent et seront payés à l'année.



Un arquebusiers

            Un piquier




Ces bandes seront regroupées au sein de régiment. Ces régiments portent le nom des provinces du royaume, Régiment de Normandie, Régiment de Picardie .....

En 1669, Colbert instaure un classement avec des dossiers individuels pour la marine. Ce système ayant montré ses qualités, il est repris pour l'armée de terre dès 1716. C'est la création des contrôles de troupes avec signalement. L'ancêtre de nos registres de matricule militaire.       

Colbert, ministre du Roi Louis XIV

                               exemple d'un contrôle de troupe de l'Ancien Régime


A partir de la Révolution

1798 - Loi Jourdan-Delbrel

                                                                                                                     Pierre Delbrel député et avocat
Jean-Baptiste Jourdan, général dans l'armée et Pierre Delbrel, sont députés sous le Directoire. Ils proposent une loi instituant la conscription universelle et obligatoire de tous les français âgés de 20 à 25 ans. C'est le service militaire obligatoire. 
Jean-Baptiste Jourdan, député 
puis maréchal de France et ministre sous Louis-Philippe


Le principe de cette loi : titre premier "tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie". La loi sera voté le 19 fructidor An VI (5 septembre 1798) sous le nom de Loi JOURDAN-DELBREL.


1804

L'Empereur Napoléon Ier
Le 8 Nivôse An XIII (29 décembre 1804)  un décret impérial de l'empereur Napoléon Ier met en place le conseil de révision et le tirage au sort.                         
Cette conscription est cependant tempérée car le tirage au sort concernent les hommes célibataires, veufs ou sans enfants. Et chaque canton ne devait fournir qu'un certain quota d'hommes. Sur 100 hommes d'un canton, seul 35 devaient être appelés. Le conseil de révision se voyait obligé parfois de monter les numéros du tirage au sort jusqu'au n° 70 voir 100, compte tenu du nombre de dispensés, des soutiens de familles, des ajournés ou réformés.

Par contre, dès 1808, l'augmentation des contingents provoqua quelques mécontentements.

Il était également prévu que l'on pouvait se payer un remplaçant. Les familles pouvaient ainsi une somme devant notaire à un remplaçant qui effectuait le service militaire à la place de leur fils.

Ce fut le cas pour l'un de mes ancêtres comme le montre le document ci-dessous.

exemple de remplacement sur un registre de contrôle des troupes en 1812


Qui était réformé ? 
L'exemption se basait sur des critères physiques. Il fallait mesurer plus de 1 mètre 54 pour être pris. Etaient pris en compte également, la faiblesse de constitution, les problèmes de vue, la difformités des membres. L'état de le denture était également importante car il fallait qu'elle permette de déchirer les cartouches de papier. Un index droit difforme ou coupé exemptait le conscrit car il était inapte au tir. Ce qui incita un certain nombre de personnes à des mutilations volontaires.

Qui était exempté ?
Les hommes mariés, veufs avec enfants étaient exemptés.
En 1872, on élargira cette règle aux familles déjà marquées par les prélèvements militaires (un fils ainé déjà au service par exemple) puis aux enseignants et aux ecclésiastiques.

Quand à ceux qui refusaient de se présenter au tirage au sort, les réfractaires, les gendarmes les retrouvaient ou la justice faisait payer une amende dissuasive à leur famille. 

Toutes ses règles vont s'appliquer jusqu'au début de la troisième république dans les années 1870.


deux exemples de réformés

1818 - Loi Gouvion-Saint-Cyr


Le roi Louis XIII est à la tête de la France.  Il réforme l'armée et signe la loi Gouvion-Saint-Cyr le 10 mars 1818.
Laurent de Gouvion-Saint-Cyr, maréchal et ministre sous la Seconde Restauration

Cette loi établit le recrutement par engagement et tirage au sort. Il est toujours possible de payer un remplaçant. De plus, les nobles ne rentrent plus dans l'armée directement en tant qu'officiers. La durée du service militaire est de 6 ans. Il commence le 1er janvier de l'année qui sut le conseil de révision.     
               exemple d'un contrat notarial pour remplacent de militaire           
La loi Gouvion-Saint-Cyr reprends une partie des principes de la loi de l'An XIII au niveau des exemptés, des réformés. Se rajoute les exemptions pour les ainés d'une famille d'orphelins. 
Ce système restera en place jusqu'en 1872.

1855

Le 26 avril 1855, l'exonération établie par la loi de 1818 est subssituée par le remplacement. On ne versera plus une somme à une famille mais à l'Etat. 

1871


Le 26 juin 1871, Léon Gambetta s'exprime en disant "Que pour tout le monde, il soit entendu que quand en France un citoyen est né, il est né soldat". Ainsi la Troisième république sous la présidence de Gambetta, pose les principes du service militaire dit "moderne", sans dispense ni exemption.

1872 - Loi Crissey
  
Le 27 juillet 1872, la loi Cissey indique que le service militaire est obligatoire. La durée est de 5 ans ou de 6 mois à 1 an en fonction du tirage au sort, toujours en vigueur. Cette loi refuse aux militaires le droit de vote. L'armée devient ce que l'on appelle "La Grande Muette".

Ernest Courtot de Crissey, ministre de la guerre 1871-1873


   
1889 - Loi Freycinet

Charles de Freycinet, homme politique ministre de la guerre 1888-1890

Le 15 juillet est promulgué la loi Freycinet sur le recrutement de l'armée. La durée du service passe de cinq à 3 ans, mais le tirage au sort perdure. Selon le numéro tiré, la durée du service varie de 3 ans à 1 ans seulement. Elle supprime également les dispenses de service militaires pour les enseignants, les élèves des grandes écoles et aux séminaristes.   


1905 - Loi Berteaux

Maurice Berteaux, homme politique et plusieurs fois ministre de la guerre

Le 21 mars 1905 la loi Berteaux du gouvernement Rouvier supprime le tirage au sort, les paiements des remplaçants, ainsi que les exemptions (sauf inaptitude physique). 

Etant donné que les appelés sont plus nombreux, la loi fixe la durée à deux ans.   
Ce système de recrutement donne un maximum d'énergie à l'armée mobilisé ce qui lui permettra les difficultés de 14-18.  

Cette loi est la loi fondatrice du service militaire du XXème siècle.

1912 - un décret supplémentaire à cette loi est rajouté par rapport au recrutement je cite "des indigènes algériens". Un recrutement par tirage au sort est instauré en fonction des besoins. La durée des ces appelées est de trois ans. Puis un nouveau décret est signé concernant le recrutement des tirailleurs sénégalais. qui prévoit qu'ils peuvent en toute circonstance être désignés pour continuer le service militaire en dehors du territoire et que le service actif est d'une durée de quatre ans.


1913 - Loi Barthou


Le 7 août 1913, la loi Barthou dite loi des trois ans, allonge la durée du service à 3 ans au lieu de 2 ans. Et le recensement des appelés se fait à partir de 19 ans au lieu de 20 ans. 


  





Louis Barthou, homme politique, ministre des affaires étrangères



1923

La durée du service militaire est réduit de 3 ans à 18 mois. Les premières préparations militaire voient le jour, dont la préparation militaire supérieure destinée à sélectionner des officiers issus du contingent.

1928

Le 31 mars 1928, la loi Painlevé réduit la durée du service de 18 mois à 1 an.

1935

Le 15 mars 1935, la durée repasse à deux ; cela est dû aux classes creuses de la baisse démographique engendrée par la Première Guerre Mondiale. 

1945

Le 17 août 1945, les militaires retrouvent le droit de vote qu'ils avaient perdu en 1872.

1946

Le service militaire est rétabli pour une durée de un an obligatoire. 

1950

La durée est portée à 18 mois et maintenu à 30 mois pendant la guerre d'Algérie.

1963

La durée du service est ramené à 16 moi par le décret. La notion d'objection de conscience est introduite dans la loi.

1965 - Loi Messmer


Le 9 juillet 1965, la loi Messmer indique que le service n'est plus seulement militaire mais national.  La loi prévoit quatre formes de service : un service militaire, un service de défense , la coopération dans un pays étranger et l'aide technique dans les départements d'outre mer. 
Les conseils de révision sont remplacés par les centres de sélection et les trois jours.




Pierre Messmer ministre des armées 1960-1969



1970

Le 9 juillet 1970, le service national est ramené à un an et et les sursis sont limités à 23 ans.
Le service militaire est accessible aux femmes sous la forme du volontariat et ouvre la possibilité d'un service national dans la gendarmerie.

1992 - Loi Joxe


Le 4 janvier 1992, la loi Joxe ramène la durée du service militaire à dix mois et celle des objecteurs à vingt mois.








Pierre Joxe, ministre de la défense 1991-1993




1997


Après multiples débats et rapport et à la demande du Président Jacques Chirac, le 21 octobre 1997 le service militaire national est suspendu. Sera mis en place la journée d'appel de préparation à la défense. Cette journée est étendue aux jeunes femmes et ouvre la possibilité de volontariat dans divers secteurs de la défense. 

  


Jacques Chirac, président de la République 1995-2007






sources des documents : Archives du Château de Vincennes
                              Archives départementales de l'Allier

1857 - MEDAILLE DE SAINTE HELENE - de l'Allier à la Haute-Loire -

 Lorsque l'on fait notre généalogie, il n'est pas rare de croiser dans notre histoire familiale des ancêtres qui firent partis de l'épopée napoléonienne. 

Les grognards, anciens soldats de l'Empereur
 

Afin de satisfaire en partie les dernières volontés de Napoléon Ier telles que rédigées dans son testament à Sainte Hélène en 1821, dont la troisième partie est un acte de reconnaissance à l'égard de ceux qui, de 1792 à 1815, ont combattu « pour la gloire et l'indépendance de la France », son neveu l'Empereur Napoléon III, pour mettre en œuvre cette disposition du testament impérial va créé une médaille, le 12 août 1857.

Napoléon III


Il accorde une médaille commémorative et une petite pension attribuées à tous les anciens compagnons d'armes de l'Empereur, soit près de 405 000 survivants.

 

Médaille de Ste Hélène

 

 

 

 

Il appelle cette nouvelle décoration « Médaille de Sainte-Hélène » et elle sera créée suite au décret du 12 août 1857. Elle est considérée comme la première « médaille commémorative » française.

 

 

 

Désiré-Albert Barre
 

 

Elle est dessinée et réalisée par le sculpteur Désiré-Albert Barre. À l'avers se trouve le profil de l'empereur Napoléon Ier , et au revers ce texte : « Campagnes de 1792 à 1815. À ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, Ste Hélène 5 mai 1821 ». 

 


 Boite de la médaille


 

Elle est présentée dans une boîte de carton au couvercle recouvert d'un papier blanc glacé portant en
relief l'Aigle impérial et l'inscription « Aux compagnons de gloire de Napoléon 1er - Décret du 12 août 1857 ». 

 

Cette médaille de bronze est portée à la boutonnière, suspendue à un ruban vert et rouge framboise à raies très étroites. En raison de la patine du bronze, elle est surnommée « la médaille en chocolat ».

 

 

On estime qu’environ 405 000 soldats de la Grande Armée de Napoléon (Français, Allemands, Belges, Polonais, Danois, Irlandais, etc.) en bénéficient. Les chiffres sont approximatifs du fait de la disparition des archives dans l'incendie du palais de la Légion d'honneur durant la Commune. Seuls les documents contenus dans chaque dépôt d'archives départementales françaises sont conservés, quand ceux-ci n'ont pas été eux-mêmes détruits. 

Carte de l'Empire en 1811 avec tous ses départements
 
 

La médaille n'est pas décernée à titre posthume et son attribution repose sur des critères stricts, tout en concernant de nombreuses personnes. On doit avoir servi aux armées de terre ou de mer françaises entre 1792 et 1815, sans aucune durée de service requise, ni aucune participation à une campagne. 

Dans tous les départements, les préfets écrivent circulaire sur circulaire pour demander aux maires de leur faire parvenir la liste des glorieux anciens. 

 

 En quelques mois, dans des conditions parfois rocambolesques, cette liste est établie: en 1857, ils sont encore 390 000, anciens combattants des guerres napoléoniennes encore vivants. 

Liste pour la ville de Moulins dans l'Allier

 

Il faut obligatoirement pouvoir justifier de son service durant cette période à l’aide de tout document émanant des autorités militaires.  Ceux qui ont perdu tous ces documents ne peuvent pas y prétendre. Mais avoir encore des preuves du service, si longtemps après, n'est pas si simple. Les états de service sont vérifiés d'abord en mairie puis au ministère de la guerre.

Entre septembre 1857 et juin 1858 la plus grande partie des médailles et des diplômes est distribuée en deux à trois vagues selon les départements. Quelques médailles isolées seront encore attribuées sporadiquement jusqu'en 1869.

Localement, la remise de la médaille est l'occasion de cérémonies officielles organisées en grande pompe. Dans certaines ville où les rues sont pavoisées, le cortège officiel marche derrière la fanfare des pompiers et aboutit devant l'hôtel de ville où le discours du maire précède la remise des décorations. Elle est suivie d'un banquet et une illumination clôt la journée.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

         Le mémorial de l'Allier  - 28 février 1858

 

 

 diplôme donné au médaillé

 

Plusieurs membres de nos familles ont reçu la médaille Sainte Hélène dont nos aïeux

pour l'Allier

- Noël Nicolas (Moulins)

pour la Haute-Loire

-  Jean Galland ((Lantriac) et  Jean-Pierre Delorme (Le Monteil)



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Sources : Archives de l'Allier et de la Haute-Loire

   lien utile : http://www.stehelene.org