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Potier de terre

Dans un article précédent, nous avons vu que l'un de nos ancêtres était potier de terre.

Je vais donc aborder ce métier dans ce nouvel article.


 Le potier de terre transforme de la pâte d'argile en objets utilitaires par modelage, cuisson et émaillage.

Il moule et façonne avec ses mains la pâte argileuse ou sur un tour afin de donner une forme aux différents objets (pot, assiette, ...).

Ensuite il fait chauffer les objets dans un four à haute température avant le vernissage.

Dans un ouvrage du 18ème siècle, écrit par Duhamel du Monceau, on explique les différentes étapes de ce métier.




extrait de l'ouvrage de Duhamel du Monceau


source : Gallica

ALLIER - Notaires au XVIIème siècle - La famille DUBOST

LES DUBOST, notaires royaux


Paroisse de Chavenon

Le 18 novembre 1664 a lieu dans l'église de la paroisse, le baptême de Anne DUBOST, fille de Maître Claude DUBOST,  notaire royal et de son épouse Marie MINARD.

La baptisée a pour parrain son oncle Anthoine DUBOST, praticien et pour marraine Anne de Beaufort épouse de Nicolas Gaulmin, sieur du Château de Vaux. 

 

Eglise Saint Martin de Chavenon

Acte de baptême de Anne Dubost

 

Son père Claude DUBOST est notaire royal en la seigneurie Rouère de Chavenon.

Il épouse à une date  inconnue Marie MINARD

Ils auront au moins six enfants :

- Péronelle épouse de Simon Garier

- Charlotte épouse de François De Lafoucrière

- François qui sera notaire royal ; il épouse le 13 juin 1673 à Chavenon Marie Pommier

- Anne notre aïeule en 1664 comme vu au dessus

- Marguerite le 12 juillet 1668, qui épousera François Gaullet 

- Antoine né en 1675.

Claude DUBOST et son épouse Marie MINARD décédent en octobre 1709 à Chappes. Claude le 12 à 79 ans et Marie Minard le 19.

 

signature de Claude Dubost



Qu'est ce qu'un notaire royal ?


Le notaire royal
est un officier public chargé de rédiger les actes auxquels des parties privées veulent conférer un caractère d'authenticité.

Le notaire royal de province n'a compétence que dans le ressort de la justice auprès de laquelle il a été reçu (à 25 ans minimum, et après une enquête sur sa vie et ses moeurs).  Les notaires sont organisés en confrérie ou communauté, et jouissent d'un prestige social différent selon les villes. Il est donc un notable, même si ses revenus sont modestes et on le désigne sous le titre de Maître. 

Dans toute le royaume de France, sans exception, le notaire est celui qui tient la plume. Il est donc tout à la fois greffier, secrétaire des communautés d'habitants, intendant de familles nobles, etc.




Claude DUBOST avait hérité de la charge notariale de son père Jehan DUBOST , lui même notaire royal à partir des années 1653. 

Avant d'être notaire, Jehan fut huissier audiencier en la châtellenie de Murat. Il épouse Anne Du Coux en janvier 1613.

 Jehan DUBOST, a été baptisé le 17 août 1581 à Deux Chaises, son père Guillaume DUBOST était clerc.

 Acte de baptême de Jehan Dubost
 
Sur l'acte de baptême de Jehan Dubost on peut lire que sa marraine est sa grand-mère paternel Catherine Avergnat et que son oncle Louis Auvergnat, bachelier en droit et curé du Montet est présent. 
Au vue des parrains et marraines de la famille DUBOST, cette dernière avait un petit statut soial dans la campagne bourbonnaise.
 

Son père Guillaume DUBOST fut  Receveur au Montet dans les années 1584 puis on le retrouve clerc à Chappes vers 1613. Il avait épousé Catherine De Bonnefont ; la mère de cette dernière, Catherine Avergnat était l'épouse en seconde noces d'un notaire royal, Jehan Lasne.


Comme on peut le constater, la charge de notaire royal restait souvent dans la même famille ou se transmettait par alliance.

Notable dans leur village, ils faisaient souvent des mariages avec d'autres familles de notaire, voir avec d'autres notables tel que les chirurgiens ou des membres de la petite noblesse de province.

Grâce à ces mariages, nous, généalogistes, avons donc parfois la chance de remonter plus loin dans le temps.

 

Mais revenons à notre baptisée du début de l'article,  notre aïeule Anne DUBOST en 1664.

Voici son contrat de mariage signé à Deux Chaises le 25 octobre 1688. Elle épouse Maître Rémy Chaballoux, chirurgien. Je vous laisse admiré les magnifiques signatures à la fin du contrat.

Anne DUBOST décède le 1 novembre 1729 à Châtel de Neuvre ; elle était veuve, Rémy Chabailloux étant décédé le 31 janvier 1723 à Châtel de Neuvre. 

Nous descendons de leur fille Anne (1696-1731) épouse de Jean DUTREUILLE (1699-1734).



 













signatures de Rémy Chabailloux et de Anne Dubost






Anne Dubost avait dû recevoir une certaine instruction car il était plutôt rare qu'une femme de son époque sache signé. 

 

 

 

Sources : archives départementales de l'Allier

Les cardeurs de laine

 Au cours de nos recherches, nous rencontrons souvent le métier de cardeur de laine.

En quoi consistait ce métier ?

 

Etymologie du mot : Le mot cardage dérive de chardon.


A l'origine, on frottait les toisons avec des bouquets de chardons pour obtenir une laine plus souple et propre. Puis on a utilisé le peigne à carder, planche de bois garnie de pointes de métal.

 

 

 

Un cardeur est un ouvrier qui carde, c'est-à-dire qui démêle des fibres textiles et les peigne à l'aide d'une carde.


 

 Le cardage consiste à démêler et aérer les fibres textiles à partir de divers matériaux bruts. Avant de pouvoir être filée, une fibre naturelle doit être cardée ou peignée, en fonction du matériau et du résultat souhaité.


Il s'effectue avec une paire de cardes à main, ou une cardeuse à rouleau, et l'on obtient un rouleau avec les cardes à main, ou une nappe avec la cardeuse. C'est lors de cette opération ( cardage ou du peignage) que l'on peut faire des mélanges de matières et de couleurs. 

 Le cardeur passait le plus souvent à partir du printemps pour découdre les matelas, carder les fibres textiles et recoudre les matelas. L'artisan se déplaçait avec sa carde au domicile du client et travaillait le plus souvent à l'extérieur à cause de la poussière dégagée.



Le saint patron des cardeurs de laine est  Saint Blaise

LES MARGUILLIERS - Définition et rôle sous l'ancien régime -

 A la lecture des registres paroissiaux, on peut lire que certains de nos ancêtres furent marguillier ou fabricien de leur paroisse. 

Bien évidemment, cette désignation nous interpelle et  permets de nous poser de multiples questions. Car, lorsque l'on trouve ce mot sur un acte,  nous ne savons pas exactement à quoi cela correspond et surtout à quel personnage du Clergé il se rapporte. 



Signification du mot Marguilliers  (prononcé Mar-ghi-lié). 

Le mot en latin, le matricularius, est d'abord celui qui "tient un registre ou un rôle (matricula)".

 

Rôle

À partir duXIIIème sièvle, ce mot peut désigner de manière générale un fabricien, membre du conseil de fabrique.

Qu'est-ce que le conseil de fabrique ?

Au sein d'une paroisse catholique, le conseil de fabrique est un ensemble de personnes (clercs et laïcs) ayant la responsabilité de la collecte et de l'administration des fonds et revenus nécessaires à la construction et entretien des édifices religieux et du mobilier de la paroisse : église(s), chapelle(s), calvaire(s), argenterie, luminaire(s), ornement(s), etc.

Les revenus de la fabrique provenaient des quêtes, offrandes, dons en nature, loyers et fermages, legs mais aussi de la location des places de bancs dans l'église.

 

Le marguillier est un membre de la fabrique et il est élu parmi les fabriciens. C'est une personne laïc. Ils sont choisis parmi les notables ou bourgeois de la paroisse car ils doivent savoir lire, écrire et sans nul doute compter. Les membres de ce conseil sont au nombre de trois : un président, un trésorier, un secrétaire

  banc des Marguilliers dans une église

 

La première fonction connue  était d'immatriculer les pauvres de l'église, c'est-à-dire de les inscrire sur le registre d'aumône.. La seconde est l'administration des registres de ces pauvres personnages. 

Il était donc, également chargé de l'entretien de l'église, de l'administration des biens de la paroisse (terres, locations de terres, écoles, rentes et impôts), de veiller à l'entretien des locaux, de tenir le registre de la paroisse et de préparer les affaires qui doivent être portées au conseil.

Mais leur rôle ne s'arrête pas seulement aux devoirs administratifs. Dans les petites paroisses, il devait sonner les offices, accueillir les pèlerins, s'occuper des inhumations.

Et tout ça avec une profession annexe et une vie de famille car ce n'était pas une profession, mais une charge. 


Acte d'inhumation de Gilbert Saulnier le 29 septembre 1746  à Montilly (Allier) - fabricien . 

Il est inhumé dans l'église, dans la chapelle de la Sainte Vierge 

Eglise Saint Pierre de Montilly et Intérieur de l'église


Signature de Claude Morel, marguillier de la paroisse de Saint Front (Haute-Loire) fin 17ème siècle

VALCIVIERES (Puy de Dôme) - 2ème partie - Antoine Gouny - le métier de scieur de long - Ancêtre de la famille Dacher -

Les scieurs de long, qui étaient-ils ?

Leur tâche principale était de scier des troncs d'arbres entiers dans le sens du fil, afin d'en tirer des planches, des poutres pour la construction et les chantiers navals.

Ils étaient souvent originaires de régions pauvres, à vocation forestière, et se situant en zones montagneuses. C'étaient des travailleurs saisonniers souvent nomades, rarement sédentaires.


carte des régions auvergnates  

 

La plus grosse concentration de ces scieurs de long se trouvait dans le Massif Central, dans les anciennes provinces d’Auvergne, où ils étaient reconnus pour leur compétence.

Cela correspond de nos jours au Puy-de-Dôme (63). Ils arrivaient largement en tête avec le plus gros contingent de scieurs de long, principalement dans les Monts du Forez, les Monts Dore et le Livradois. 

Ce dernier, petit « pays » au climat continental, aux terres granitiques recouvertes parcimonieusement de quelques bourgeons de lave, la faiblesse des ressources agricoles dans les villages de moyenne montagne obligeait en effet les journaliers et les petits paysans, scieurs de long de profession, plus qu'en d'autres endroits, à chercher ailleurs des compléments, dans l’émigration. La rudesse du climat, la terre gelée pendant de longs mois les conduisaient à l’inactivité et encourageaient encore les départs.


 

Le sciage de long est aussi une tâche liée aux chantiers de charpente. De moins en moins pratiqué bien qu'existant de façon traditionnelle dans certains pays, il est souvent pratiqué en France lors de démonstrations, et par une minorité de charpentiers, façonnant leur bois d'œuvre à la main. Les scieurs de long produisent ainsi tout le débit secondaire de charpente (chevrons, tournisses, planches...) et les plateaux de menuiserie.


 C'étaient donc un travail souvent saisonniers et nomades.La vie d'un scieur de long était synonyme de migrations et de déplacements. Beaucoup d'eux pratiquaient cette activité en automne et en hiver alors que les travaux des champs prenaient fin., alors ils prenaient la route, souvent seuls, parfois en famille.


L'émigration temporaire commençait à la St-Michel, le 29 septembre et finissait à la St-Jean, le 24 juin.
Ils rentraient au pays tous les étés, ce qui modifiait le rythme de la vie locale, notamment cela augmentait les naissances d'avril, mai et juin !

Âgés de quinze à cinquante ans, pour la plupart paysans et laboureurs, l'heure du départ sonnait lorsqu'ils avaient levé les récoltes et ensemencé les terres.


Avant de se mettre en route, ils remplissaient les formalités administratives voire notariales.
Sous l'Ancien Régime, les curés rédigeaient des certificats attestant qu'ils étaient bons catholiques, de bonne moralité, porteurs d'aucune maladie épidémique.
Par commodité et par sécurité, c'était en groupes qu'ils quittaient leur commune. Ils ne partaient pas à l'aventure. Ils savaient où ils allaient, et connaissaient leur itinéraire. D'ailleurs, ils retournaient souvent au même endroit que l'année précédente.

Une équipe de scieurs de long était en général composée de 3 personnes :

 
- Le "doleur" devait équarrir les troncs avant qu'ils ne soient sciés. Sa hache, dont la lame est déportée par rapport au manche, permettait de "raser" le tronc. Il était aussi chargé d'affûter les lames de scie qui s'usaient très vite. C'étaient le chef d'équipe.


- Le "chevrier" se trouvait en haut de l'échafaudage. on l'appelait aussi l'écureuil ou le singe. En équilibre sur le tronc, il avait pour rôle de remonter la scie et de la guider sur les traits qui délimitaient l'épaisseur des planches .


- le "renardier" était sous le tronc. Il tirait sur la scie vers le bas pour couper le bois. il portait un chapeau en feutre à large bord qui lui évitait d'avoir de la sciure dans les yeux.  

campement d'un scieur de long

 

La scie de long est la grande scie montée sur un cadre, utilisée pour débiter les grumes en planches.

Elle est constituée d'un cadre démontable en bois léger (peuplier ou sapin), formé par deux longerons et deux traverses à tirer qui sont dans le plan du cadre : celle du haut est la chevrette ; celle du bas le renard. Les longerons sont assemblés à la chevrette par des goujons fendus bloqués par des coins et au renard par des tenons et mortaises non chevillés.

Pour le scieur du haut, une poignée de bois dur, chêne ou frêne surmonte la partie supérieure du cadre, alors qu'une la barre de traction est fixée sur la face inférieure du cadre.

La lame est retenue par des clavettes à deux étriers fendus, dont l'un, pourvu d'une vis, permet la tension de la lame. C'est la tension de cette lame qui empêche le cadre de se dissocier.

 


Anecdote : Le nom de « scieurs de long » a été donné aux premières locomotives de Marc Seguin mises en service entre 1829 et 1834 sur le chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon ; le mouvement alternatif de haut en bas de la tige du piston des cylindres verticaux extérieurs faisait penser au mouvement des « scieurs de long »